Le zigni est considéré comme le plat national de l'Érythrée tout entière : un ragoût de bœuf longuement mijoté dans une sauce tomate relevée au berbéré, dont la version érythréenne se distingue de son cousin éthiopien par un usage plus marqué de la tomate fraîche et une utilisation plus légère du beurre clarifié. C'est un plat qui demande peu de gestes actifs mais énormément de patience, la cuisson lente étant justement ce qui développe toute sa profondeur de goût.
Note sur les origines et les variantes : le zigni est aussi connu sous le nom de "kaih tsebhi" (ragoût rouge) en tigrinya, ou "kai wat" en amharique, ce qui témoigne de sa présence dans les deux cuisines éthiopienne et érythréenne, avec des nuances de préparation propres à chaque tradition. La version érythréenne se distingue généralement par une utilisation plus généreuse de tomate fraîche et une texture un peu plus légère, tandis que la version éthiopienne du kai wat utilise souvent davantage de niter kibbeh dès le début de la cuisson. La viande peut aussi être remplacée par de l'agneau, de la chèvre, ou du poulet selon les foyers et les occasions, chacune de ces variantes gardant le même nom générique de zigni ou wat rouge. Ce plat, souvent réservé aux grandes occasions en raison de son temps de cuisson long, peut aussi se préparer en plus grande quantité et se congeler par portions, ce qui en fait un bon candidat pour une préparation en avance en vue de plusieurs repas de la semaine.