Le skoudehkaris, considéré comme le plat national de Djibouti, est un riz mijoté en une seule marmite avec de l'agneau et une sauce tomate richement épicée de cumin, cardamome, girofle, cannelle et piment. Ce plat généreux, traditionnellement réservé aux grandes occasions et aux repas de fête, incarne le carrefour culinaire djiboutien entre influences somalie, yéménite et française.
Note sur les origines et les variantes : le skoudehkaris, parfois orthographié « isku deh karis », traduit littéralement le principe même du plat — cuire ensemble tous les ingrédients dans une seule marmite. Il reflète la position géographique et culturelle si particulière de Djibouti, à la croisée de l'Afrique de l'Est, du Moyen-Orient et de l'ancienne influence coloniale française, ce qui explique le mélange d'épices proche de la cuisine yéménite et somalie. Si l'agneau reste la viande traditionnelle et la plus prestigieuse pour ce plat, de nombreuses familles le préparent aussi avec du poulet pour un repas plus quotidien, ou avec du poisson dans les régions côtières, chaque variante gardant la même base aromatique de riz et de sauce tomate épicée. Certaines recettes ajoutent des carottes ou des petits pois pour davantage de couleur et de valeur nutritive, sans dénaturer le plat traditionnel. La patience est essentielle : plus la viande mijote longtemps dans la sauce avant l'ajout du riz, plus elle devient fondante et plus le riz absorbe de saveur en cuisant à sa suite. Servi lors des mariages, des fêtes religieuses et des grandes réunions familiales, le skoudehkaris est souvent accompagné d'injera ou de canjeero, et incarne à lui seul l'hospitalité et le sens du partage si caractéristiques de la culture djiboutienne.