Le samaki wa nazi, littéralement "poisson à la noix de coco" en swahili, est l'un des plats les plus représentatifs et les plus appréciés de toute la cuisine côtière kényane, à Mombasa comme sur l'île de Lamu. Le lait de coco, omniprésent sur toute cette bande littorale tropicale, donne à ce curry une onctuosité douce et enveloppante qui contraste magnifiquement avec le piquant du piment et l'acidité vive du citron vert, dans un équilibre typiquement swahili.
Note sur les variantes : selon les familles et les régions côtières, le samaki wa nazi peut s'enrichir de feuilles de curry fraîches, difficiles à trouver hors d'Afrique de l'Est mais qui apportent un parfum caractéristique supplémentaire, ou de graines de moutarde noire grillées à sec en tout début de préparation pour une note légèrement plus complexe. Certaines versions ajoutent aussi des crevettes en complément ou à la place du poisson, pour une variante appelée "kamba wa nazi". La cuisine swahilie, à la croisée des influences arabes, indiennes et africaines, se retrouve pleinement dans ce plat : le lait de coco et le curcuma rappellent les currys indiens, tandis que la technique de cuisson douce et le poisson frais restent profondément ancrés dans la tradition culinaire est-africaine. Choisissez toujours un poisson bien ferme qui tient correctement à la cuisson plutôt qu'un poisson à chair trop fragile qui se déliterait complètement dans la sauce — le tilapia, le mérou ou le vivaneau sont d'excellents choix traditionnels sur toute la côte kényane. Ne faites jamais bouillir fort le lait de coco, à aucun moment de toute la préparation : c'est vraiment la règle la plus importante à retenir pour ce plat, et probablement aussi la plus souvent enfreinte par les cuisiniers pressés qui cherchent malgré tout à accélérer la cuisson.