Le mishkaki est la version tanzanienne des brochettes grillées, vendue à chaque coin de rue de Dar es Salaam en fin d'après-midi, quand les petits braseros de charbon s'allument un peu partout sur les trottoirs animés. Contrairement au nyama choma qui grille de gros morceaux ou des quartiers entiers, le mishkaki se prépare en petits cubes enfilés sur des brochettes, marinés longuement pour un résultat encore plus parfumé et tendre.
Note sur les variantes : le mishkaki se décline aussi au poulet (mishkaki ya kuku), plus rapide à mariner et à cuire, souvent vendu par les mêmes vendeurs de rue que les versions au bœuf ou à la chèvre. Certaines recettes familiales ajoutent du yaourt nature à la marinade pour un effet attendrissant supplémentaire, une influence indienne qui se retrouve dans plusieurs plats côtiers tanzaniens. La taille et la forme des cubes varient aussi selon les vendeurs : certains préfèrent des morceaux plus plats qui grillent plus rapidement et développent davantage de croûte caramélisée, d'autres des cubes plus épais pour une viande plus juteuse à cœur. Sur les marchés de rue de Dar es Salaam, le mishkaki s'achète souvent par brochette individuelle, ce qui en fait un en-cas idéal à grignoter en marchant, contrairement au nyama choma qui se consomme plutôt assis, en groupe, autour d'une grande quantité de viande partagée. Ne négligez jamais le temps de marinade : c'est vraiment lui, plus que la technique de grillade elle-même, qui distingue un bon mishkaki d'une brochette quelconque — une viande à peine marinée seulement 30 minutes n'aura jamais la même profondeur de goût et de tendreté qu'une viande qui a mariné toute une nuit complète au réfrigérateur.