Le binyebwa, sauce d'arachide bien onctueuse mijotée avec de la patate douce, est un véritable pilier de la cuisine du Buganda et de nombreuses régions voisines de l'Ouganda tout entier. Contrairement au domoda gambien ou au tigadègue malien qui utilisent le plus souvent de la viande fraîche comme protéine principale du plat, le binyebwa se prépare traditionnellement comme un plat entièrement végétarien, où l'arachide elle-même porte à elle seule toute la richesse protéique du repas complet.
Note sur les variantes : certaines versions du binyebwa incorporent aussi des arachides entières légèrement concassées en plus de la pâte lisse, pour une texture plus rustique avec un peu de croquant par endroits dans la sauce finale. D'autres familles ajoutent parfois du poisson séché ou fumé bien émietté, transformant ainsi ce plat végétarien en une version plus riche en protéines animales, sans pour autant en faire un véritable plat de viande à proprement parler. Le binyebwa se distingue aussi par son utilisation fréquente et variée avec des légumes bien différents de la patate douce classique : courge mûre, haricots verts frais ou même champignons sauvages selon la saison et la région géographique concernée. Dans certaines zones rurales éloignées, l'arachide utilisée est cultivée localement dans les champs familiaux et pilée à la main au mortier plutôt qu'achetée déjà transformée en pâte industrielle du commerce, donnant un résultat plus rustique et artisanal mais tout aussi savoureux, avec parfois de petits morceaux d'arachide encore bien visibles dans la sauce finale servie à table. Ce plat illustre vraiment bien la place centrale qu'occupe l'arachide dans l'alimentation ougandaise quotidienne, où elle constitue une source de protéines abordable et largement cultivée localement, bien plus accessible au quotidien que la viande pour de très nombreuses familles à travers tout le pays.